La couture est extrêmement...
chronophage.
D’où l’envie d'accélerer un peu le processus... et la sentence devant le résultat.
Pas de précipitation en couture donc, mais voici mes petits tricks, que je pratique à l’atelier, qui peuvent faire gagner du temps, simplifier les gestes et rendre la rigueur séduisante. (Hum... La rigueur peut-elle être séduisante ? Vous avez 3h...)
Evidemment, cet article contient beaucoup de "jamais", de "toujours" et de "warning". Je m’en excuse d’avance !
Bonne lecture malgré tout, et si vous voulez ajouter votre propre "toujours" à cette liste, vous pouvez laisser un commentaire à la suite de l’article !
Les "starter" :

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Avoir des paires de ciseaux dédiées : papier/ tissu. Les ciseaux tissu ne coupent QUE le tissu, sinon le tranchant de leurs lames va s’émousser et les coupes vont laisser à désirer.
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Toujours-absolument-impérativement respecter le Droit Fil ! ⚠️ 🚧 Si jamais le droit fil vous tétanise, je détaille tout ici
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Que celui qui n’a jamais confondu l’endroit de l’envers de son tissu se taise à jamais ! Pour les autres : marquez l’envers de vos pièces avec une épingle colorée dés qu’elles sont coupées. Plus d’erreur possible et pas de perte de temps.
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Ne pas tirer le tissu vers l’arrière quand on coud : laissez les griffes d’entrainement faire leur travail ! Vos deux mains doivent être positionnées devant votre pied (pied presseur, note de la rédaction 😉).
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Toujours scrupuleusement respecter la mesure des marges de couture : c’est la condition sine qua non pour un vêtement bien ajusté.
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Ne pas négliger les crans ! C’est eux qui vous donnent la précision au montage machine.
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Toujours couper avec la main posée à plat sur le tissu : vous êtes plus stable, votre geste est plus sûr, et c’est un point de maintien supplémentaire pendant la coupe pour éviter que le tissu ne bouge.
Les "gain de temps/précision" :
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Pour enfiler une aiguille, c’est le chas de l’aiguille qui va sur le fil : le mouvement à faire est de poser l’aiguille sur le fil et non l’inverse. Ça change la vie ! Pour les détenteurs.trices de lunettes, il existe des enfile aiguilles main, et machine : foncez !!
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Toujours réaliser un échantillon avant le début d’un projet, dans le même tissu. Il permet de tester tous les réglages pour avoir la couture la plus belle, lisse et plate possible. Tension, longueur de point, épaisseur et type d’aiguille. Ça parait boring, mais ça évite bien des déconvenues…
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Devant un tissu glissant, ou un passage tricky, je bâtis, c’est à dire que je réalise des points à la main rapides pour maintenir les deux couches de tissu. Et au besoin, j’épingle en sus. Que ÇA NE BOUGE PLUS ! LÀ !
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Numéroter ses pièces de patron et les annoter de toutes les infos dont vous aurez besoin pour le modèle (imaginez reprendre un patron trois ans après, même avec une mémoire d’éléphant, vous ne vous souviendriez pas de tous les détails).
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Ne pas sauter l’étape du repassage entre chaque couture à la machine : c’est le garant d’un résultat net.
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Fer à repasser speaking, voici deux outils précieux à utiliser sans modération : les coussins de repassage, et la jeannette, que je détaille dans un article ici.
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Avoir une règle japonaise : graduée dans les deux sens, elle est hyper pratique pour… tout. Ajouter les marges de couture au patron, réaliser un début d’angle droit parfait, mesurer une courbe d’emmanchure...
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Pour commencer une couture sur du tissu épais, pour éviter que la machine ne patine, placer un compensateur de hauteur ou tout simplement un morceau de tissu replié pour avoir la bonne épaisseur (système D;).
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Quand c’est possible, rouler le tissu plutôt que de le plier pour le stocker, ça évite les marques et simplifie le repassage.
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Utiliser des poids lors de la coupe pour éviter que le tissu ne fuit. Les poids de couture pro sont hyper chers, mais tout ce que vous avez de lourd fera l’affaire : vieux fer à repasser en fonte, presse papier...
- Tracer les marges de couture directement sur son patron si elles ne sont pas incluses. Vous gagnerez en précision, votre coupe sera plus franche car votre cerveau ne s’occupera que d’une tâche à la fois : être au plus proche de votre gabarit.

Les techniques professionnelles :
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Utiliser du ruban droit fil pour éviter que les coutures ne se détendent.
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Maintenir les courbes avec une couture morte pour éviter qu’elles ne se déforment. Il s’agit de piquer votre courbe seule, avec un point droit. Les fils vont retenir le tissu, qui conservera sa forme initiale.
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Utiliser du papier de soie pour faire vos patrons dédiés à la soie. Le papier Craft ou papier d’imprimante sont trop rigides pour les matières fines.
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Pour couper les tissus très fins, intercaler une couche de papier de soie dessus, la coupe sera bien plus franche.
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Pour positionner un tissu souple pour la coupe, il faut le tapoter plutôt que de le tirer (au risque de déplacer tout votre plan de coupe !)
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Ne pas couper les tissus épais à double (lainage, moumoute) ! Les couches de tissus risquent de se décaler et vos pièces ne seront pas identiques. Mieux vaut couper les pièce une à une. Plus long, mais plus sûr !
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Choisir son entoilage en fonction de l’épaisseur de son tissu. Et on bannit l’entoilage papier qui cartonne le tissu !
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Utiliser du renfort hydrosoluble pour des boutonnières "👌".
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Sous-piquer les parementures, afin qu’elles ne débordent pas sur l’endroit du vêtement.
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Dégarnir les coutures, et cranter les marges. ✂️ Il s'agit d'ôter de la matière dans les valeurs de couture pour affiner le travail, sans que cette coupe se voit de l'exterieur. Il faut donc être délicat et régulier !
Voilà pour le tour d'horizon des to dos et not to dos !
En couture il y a deux écoles : ceux qui respectent religieusement le DF, et ceux qui découvrent trop tard pourquoi leur jupe ressemble à une hélice. Avec quelques ruses de sioux, la jupe retrouve son aplomb, et on passe au niveau supérieur en souplesse !

1 commentaire
Ce récapitulatif est tout à fait pertinent et rassurant pour les novices en couture, comme moi !.
Tout ne m’est pas familier mais je reconnais les totems de l’atelier !